Dans la suite des propositions faites depuis plus de 3 ans sur le diocèse (François Soulage en 2008 sur la mondialisation et le rôle de l’économie encore tellement d’actualité, Gilles Rebêche en 2009 venu nous présenter la place que prenait la diaconie du Var dans la dynamique de l’Eglise de son diocèse et en 2011 Etienne Grieu « La solidarité, fardeau ou ressort pour les communautés chrétiennes » et une invitation ambitieuse pour une Eglise plus solidaire), Gwennola Rimbaut est venue en Savoie nous parler de la spiritualité qui doit être proposée à tous.
En introduction, Gwennola nous a présenté les défis à relever pour donner à chacun la possibilité de développer sa vie spirituelle :
— croire que tout être humain est fondamentalement spirituel et que la très grande pauvreté ne fait pas perdre cette capacité spirituelle. — croire que l’homme ne vit pas que de pain et a besoin d’être nourri aussi spirituellement. — croire que l’adhésion à une religion reconnue est une chance et non un problème comme cela peut être suggéré dans notre société laïque !
Dans un deuxième temps, se (re)mettre en mémoire que le spirituel est une dimension constitutive de l’homme et ne doit pas être confondu avec le religieux. Pour tenter de nous repérer, Gwennola nous propose trois formes principales du spirituel dans la vie de tout homme :
1. le travail de sens à travers des bouts de récits de vie très simples : donner une signification à sa vie dure tout au long de celle-ci et cela est très difficile à faire pour les plus pauvres. 2. le regard contemplatif sur l’existence quotidienne et l’univers qui entoure chacun : une prise de conscience toute simple de ce qui est bon et beau. 3. l’ouverture aux autres dans des attitudes pleines de gratuité : être dans une relation réciproque sans chercher à obtenir quelque chose de l’autre.
Ces 3 formes s’articulent ensemble et donnent une dynamique spirituelle.
Le dernier exposé de Gwennola Rimbaut souligne des points d’attention pour cheminer spirituellement avec des personnes en précarité
1. Prendre en compte les difficultés spécifiques de parole du plus pauvre : une parole tronquée, difficile à comprendre : difficulté d’entrer en dialogue 2. Offrir des lieux de mémoire : lieux éminemment spirituels, lieux de partage de vie collectifs où circule la parole. 3. Etre des témoins authentiques dans une fraternité avec les plus pauvres : être cohérent entre les paroles et les actes, être juste 4. Offrir des occasions de contemplation : à reprendre en parole 5. Relire en équipe des situations vécues : car il est facile de "déraper" et de ne pas respecter les personnes, ce type d’accompagnement pouvant être décourageant, et permettre de voir comment le salut de Dieu opère dans nos vies aujourd’hui. 6.Travailler en réseau : les ouvriers peu nombreux ont besoin de confronter les expériences et de s’encourager.
A la fin de la journée, Ludovic de Lalaubie et Gaby Thollet ont présenté le projet "Sa Voie Fraternité 2012", et une conclusion a été faite par Mgr Philippe Ballot.
