Délégationde Savoie

Parole à… Olivier, Jado et Sabir

Parole à… Olivier, Jado et Sabir

Paroles à Olivier, venu de RD Congo, à Jado, venu du Rwanda et à Sabir, venu de Somalie.

L. : Salut Olivier, est-ce que tu peux présenter le projet foot et me dire quel est ton rôle ?

O. : Merci pour la question, je suis le coordinateur du projet football des demandeurs d’asile, c’est un projet qu’on a initié depuis l’année dernière, qu’on a commencé au mois de juillet, l’entraînement durant l’été et on a fait le tournoi à Lyon et voilà donc c’est un projet qui nous a tenu à cœur parce que c’est un projet où on a vite compris que les demandeurs d’asile n’avaient pas une activité à faire durant toute la journée. C’est pour cela nous avons jugé bon de faire ce projet pour leur permettre de faire quelque chose pendant toute la journée, de ne pas rester sans rien faire. C’est un projet où on a beaucoup de demandeurs d’asile qui viennent, au début c’était un peu dur parce qu’il faisait froid mais avec les beaux jours il y a de plus en plus de personnes qui vont venir et puis nous avons aussi prévu un tournoi à Paris, un tournoi qui nous tient vraiment à cœur, un tournoi qu’on va vraiment bien bosser et on va peut-être aller plus loin, voilà.

L. : Qu’est ce qui t’a donné envie d’avoir ce rôle de coordinateur ?

O. : Ce qui m’a donné l’envie c’est la motivation, j’ai compris que les gens ils faisaient absolument rien, tellement ils faisaient rien ça m’a donné l’envie de donner vie à ce projet, de m’occuper d’autres personnes avec aucune activité, ils passaient des moments très difficiles, avec des angoisses, des traumatismes, ils pouvaient rester toute la journée à ne rien faire. C’est pour ça, ça m’a poussé à faire ce projet, à participer avec tout le monde, que tout le monde soit là et passer des moments ensemble avec les autres, avec ceux qui passent des moments très difficiles parce que c’est pas facile de passer des moments comme ça seul. C’est pour ça que j’ai commencé ce projet parce que c’est pas facile, c’est pas facile. C’est un projet qui nous tient à cœur donc voilà.

L. : D’accord, merci beaucoup Olivier. Je vais peut-être demander maintenant à Jado, qu’est-ce que toi ça t’apporte ? Il faut quand même rappeler que tu viens d’Albertville tous les vendredis pratiquement, qu’est-ce qui te fait venir d’Albertville ?

J. : Premièrement c’est le désir de faire le sport et deuxièmement c’est quelque chose qui m’aide parce que je suis demandeur d’asile, je reste toute la semaine à Albertville sans rien faire et venir jouer dans l’équipe ça m’aide mentalement et physiquement, c’est pour cela que ça me pousse à venir chaque vendredi pour rencontrer d’autres joueurs ou d’autres demandeurs d’asile pour jouer ensemble et puis c’est… ça me permet de me sentir bien, de me relaxer.

L. : Et comment tu te sens pour le tournoi de Paris ?

J. : J’aimerai participer à ce tournoi pour rencontrer d’autres gens, pour peut-être aussi changer les idées et c’est tout.

L. : Et tu te sens prêt ?

J. : Oui je suis prêt, je suis prêt.

L. : Grâce aux entraînements ?

O. : Tout le monde est motivé, tellement motivé pour ce tournoi, donc je pense qu’on fera un bon résultat là-bas !

L. : Et toi Sabir, qu’est ce qui te pousse à venir aux entraînements ?

S. : Je suis très content de venir ici tous les vendredis parce que si je reste à Albertville c’est pas… je reste toujours à la maison, c’est très difficile, ne pas aller à l’école, de ne rien faire, juste regarder la télé donc je suis très intéressé par le fait de venir ici tous les vendredis.

O. : Aussi il me disait l’autre fois que si on pouvait faire deux entraînements par semaine ça serait très bien parce qu’il me dit une fois par semaine c’est trop petit. Moi ça me fait énormément plaisir de voir Jado, Sabir, on passe des moments ensemble, on partage la culture des idées. Tout le monde on a les mêmes problèmes, nous sommes des demandeurs d’asile, on a toujours presque les mêmes problèmes donc quand je passe des moments comme ça avec eux, ça me fait énormément de bien.

J. : En fait, ça nous évite un peu de penser à nous, à ce qui nous attend, de penser au lendemain si je n’obtiens pas les papiers tout ça mais lorsqu’on est ici on ne pense à rien, on joue, on s’amuse, c’est ce qui me motive moi personnellement à venir et si on vient deux fois par semaine ça aussi ça peut nous aider en plus parce que rester au CADA [Centre d’accueil de demandeurs d’asile] sans rien faire c’est pas une chose facile parce que peut-être dans notre pays on était habitués à travailler, à aller chaque jour au travail, ici on ne fait rien, on reste sans rien faire, c’est pas facile.

Interview de Léa Clapier, volontaire civique à la délégation de Savoie du Secours Catholique

Article publié en mars 2016

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