Délégationde Savoie

« País rico é país sem pobreza »

Regards croisés, chronique n° 8

« País rico é país sem pobreza »

publié en mars 2012

« Un pays riche est un pays sans pauvreté » est le slogan du gouvernement brésilien. Les avis divergent sur l’efficacité de la politique actuelle du Brésil. Pour certains les deux mandats de Lula et la succession de Dilma ont fait du bien au Brésil. Pour d’autres la classe politique reste corrompue et la dictature militaire a laissée sa place à la dictature du libéralisme. De notre vieille Europe et du reste du monde en général nous voyons le Brésil comme un géant, un des prochains leaders de la planète. Mais la 6e économie mondiale n’est que 84e au classement de l’indice de développement humain (IDH), loin derrière la Roumanie ou l’Argentine, et n’arrive pas à décoller. Dans tous les cas ce slogan montre bien une chose, le Brésil a conscience du grand écart dans lequel il évolue. Le gouvernement sait que pour s’imposer au niveau mondial il ne doit pas seulement développer son économie mais aussi s’occuper des classes les plus fragiles. À Recife par exemple, plus d’un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté. C’est-à-dire que plus de 500 000 personnes vivent dans un domicile aux revenus inférieurs à 130 € par mois. La ville comme le pays souffrent d’inégalités criantes. Quand la moitié des travailleurs de Recife gagnent au maximum deux fois le salaire minimum, soit 520 € par mois, 3 % gagnent au minimum 15 fois ce même salaire. À eux seuls, ces 3 % des travailleurs engrangent la même masse salariale que les 56 % qui ne gagnent pas plus de deux salaires minimums. Le Brésil a raison de croire en son avenir, à Recife quasiment la moitié de la population a moins de 25 ans. Mais ça ne se fera pas sans la réduction de cet écart entre les plus riches et les plus pauvres, entre la puissance de son économie et la faiblesse de son développement humain. En ce début de nouveau siècle, en France, au Brésil ou partout dans le monde nous nous devons de penser au sens que nous voulons donner à l’économie. Quand une économie si puissante n’arrive pas à avoir une école publique décente ou quand au cours d’une crise économique les grandes entreprises n’ont jamais autant payé leurs patrons, c’est que moralement il y a un problème quelque part.

À Pé no Chão l’atelier vidéo avance, chacun des deux groupes travaille sur un scénario de court-métrage. Le premier exercice Autoretratos/Autoportraits est terminé, je vous invite à venir le découvrir ici : regardscroises-francebresil.fr/

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