Délégationde Savoie

Le foot, révélateur d’émotions

Regards croisés, chronique n° 13

publié en mai 2012

Deux, deux et quatre coups de Klaxon, c’est un supporter du Sport Club de Recife. Deux coups puis cinq puis trois, il est pour Santa Cruz. L’ambiance est tendue en ce dimanche après-midi à Recife. C’est la finale tant attendue du championnat de foot pernamboucannais. Elle réunira les deux sœurs ennemies, les deux grands clubs de Recife : Sport contre Santa Cruz, rouge et noire contre tricolore. Il n’est jamais très compliqué de savoir pour quelle équipe vibre un Brésilien. Un porte-clefs, un collier, un bracelet ou un tatouage, il y a toujours un petit détail qui le montre. Aujourd’hui pas la peine de chercher, drapeaux, maillots, blousons, casquettes… Chacun a sa panoplie, hue quand il croise un supporter adverse et chante quand c’est un compagnon. À Santo Amaro, dans la favela, les télés et les bières sont sorties. Tous les trente mètres un petit rassemblement humain autour d’un écran qui capte mal. Peu importe l’équipe, on est tous mélangés mais ne viens pas me chercher.

Le coup de sifflet approche, l’ivresse augmente, on crie plus fort et on s’enroule de tout ce qui porte les couleurs de son équipe : maillots, blousons, drapeaux… C’est fini, il n’y a plus rien à faire. Allégresse, chants, embrassades, larmes, mauvaise foi et insultes se mélangent. Le match a été tendu, 3 à 2 pour Santa Cruz qui remporte le titre de champion. Il faut donc imaginer à cinq reprises une salve d’émotions humaines remplissant les rues de hurlements de joies ou de cris de détresse. Les tricolores font la fête et les rouges et noirs ne comprennent pas que leur équipe ait pu perdre. À certains endroits ça va se battre, cette défaite n’est pas normale, on va vous montrer c’est qui les plus forts. D’autres vont boire, pour fêter ou oublier et se retrouveront une fois de plus soûls.

Le foot brésilien serait autre chose sans ses supporters. Opium du peuple ou véritable fête populaire, pendant chaque match la Terre arrête de tourner, la misère disparaît et le monde prend la forme d’un stade. Identité de chacun, on ne supporte pas une équipe, on en fait partie et souvent en famille. Ici, le mot dilemme prend tout son sens quand on demande à un Brésilien de choisir entre sa femme ou son équipe.

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