Délégationde Savoie

Jardin Terre des possibles

Le jardin Terre des possibles est une activité du Secours Catholique de Savoie. Il entame sa cinquième saison culturale. Le projet est né en mars 2013, sur une parcelle du presbytère de Chambéry-le-Vieux.

publié en juin 2018

Initialement, ce jardin solidaire et partagé a été ouvert pour répondre à une attente initiée par des personnes en situation de migration. Il a été baptisé « jardin Terre des possibles » en 2015, avec pour vocation d’en élargir l’accès à toute personne en situation de précarité, accompagnée par le Secours Catholique mais aussi à tout résident du proche voisinage.

Après quatre années passées au presbytère de Chambéry-le-Vieux, le jardin Terre des possibles a changé de lieu mais pas d’esprit. Depuis septembre 2017, le jardin se trouve au centre-ville de Chambéry sur les terres de la maison diocésaine. À l’initiative de ce partenariat, le groupe Laudato si’ et la volonté de notre évêque, monseigneur Ballot, de voir naître un projet sur le terrain autour de la maison diocésaine afin de vivre ensemble, sur ce lieu, une expérimentation d’action collective du Secours Catholique, proposée dans le respect des principes de l’encyclique du pape François Laudato si’ et de la pratique de l’écologique intégrale.

L’objectif du jardin est de créer du lien social avant de réaliser une production de légumes. L’ambition première est de proposer un accueil inconditionnel, une écoute, une orientation si nécessaire dans le but d’un mieux-être pour chaque jardinier, dans l’idée aussi de favoriser le vivre-ensemble sur notre territoire. Il s’agit d’interagir les uns avec les autres, d’échanger – savoirs, savoir-faire, savoir-être –, d’établir et de cultiver un lien de confiance dans un lieu paisible et accueillant.

Cette énergie du collectif (nous sommes tous des jardiniers décideurs et moteurs du projet) est mise à profit pour permettre au jardin d’évoluer, mais aussi et surtout pour permettre l’émergence de talents dans l’idée de redonner du pouvoir d’agir aux personnes. Au jardin Terre des possibles, des activités autour de valeurs d’interculturalité, d’écologie, de solidarité, de fraternité et surtout de partage sont proposées. Cela rejoint un des piliers du projet national 2016-2025 du Secours Catholique, « tous acteurs », en mettant en avant le partage de savoirs et des compétences. Les décisions sur les questions de gouvernance, de technique, d’expérience sont réfléchies et décidées collectivement par le biais de commissions : aménagement, culture, communication…

Ce qui pourrait nous définir : « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. » C’est donc un collectif d’une vingtaine de personnes originaires d’Afrique, des Balkans et d’ailleurs qui s’investissent bénévolement et œuvrent chaque semaine à l’enrichissement de ce lieu. Certains pères, résidents à la maison diocésaine, nous ont aussi rejoints et font partie du collectif des jardiniers.

Le jardin est divisé en plusieurs parcelles cultivées selon différentes techniques, dont le point commun est d’être en cohérence avec la pratique d’écologique intégrale. Nous avons une diversité de cultures : tomates, salades, radis, pommes de terre, oignons, ail, poireaux, gombos…

Des composteurs et bacs à semis ont été dessinés et construits par des jardiniers grâce à la récupération de palettes et à la mise à disposition d’un atelier et d’outils par l’aumônier du Secours Catholique. Un atelier collectif, accompagné par une professionnelle, a permis la réalisation d’une arche d’entrée et d’une haie en osier vivant.

Le jardin est aussi un espace de dialogue entre les différentes communautés qui vivent autour des lieux de premier accueil et d’accueil d’urgence. La proximité, la non-connaissance les uns des autres, peuvent générer des tensions au sein des groupes. Nous avons pu constater que les échanges sont plus aisés, naturels sur le lieu du jardin Terre des possibles. Un travail de conscientisation en cours, avec l’émergence de leaders charismatiques, permet ainsi d’agir dans la continuité, l’apaisement sur d’autres lieux d’accueil tels que la cantine savoyarde, l’accueil de jour…

Les femmes sont très présentes et sont force de propositions, à l’initiative d’événements tels qu’un atelier cuisine, réussi à deux reprises, avec réalisation d’un menu sur un espace commun et une coopération entre communautés originaires d’Afrique, des Balkans.

Le collectif a la volonté de travailler avec d’autres jardins et depuis deux ans nous faisons partie du réseau des jardins partagés de Chambéry.

Le 11 avril 2018 a eu lieu un grand goûter du monde au jardin, dans le cadre de la fête du Printemps des jardins partagés. De beaux échanges avec dégustation de pâtisseries albanaises et bissa.

Pour terminer voici les mots de Mamadou (à l’époque de Chambéry-le-Vieux), qui a témoigné par écrit ce que beaucoup parmi nous relatent oralement :

« Cela fait dix mois que je participe au jardin de Chambéry-le-Vieux. Le fait de venir en aide avec bienveillance et sans jugement, cela a changé ma vie, parce que je n’avais pas confiance en moi, j’étais stressé, angoissé, avec des maux de tête tout le temps. Mais aujourd’hui je me dis “Dieu merci !” […]
Le jardin était devenu pour nous un lieu d’échanges d’idées avec des personnes que tu ne connaissais pas. Le jardin crée des liens et nourrit l’esprit de l’humidité qui sort de la terre.
En arrosant ce qui a été semé, cela me faisait tellement plaisir ! Le mercredi était un jour que j’aimais beaucoup et j’attendais toujours ce jour-là.
Ce que j’aime au jardin ce sont les repas partagés car je fais partie des cuisiniers et j’adore ça !
Le jardin nous a permis de faire plein de rencontres mais il y a plein de gens qui ont été obligés de partir.
[…]
Pour moi, c’est un engagement avec amour et pour oublier les soucis. Nous sommes de plus en plus nombreux au jardin. J’ai trouvé que tout le monde faisait un superbe travail, c’est un moment spécial.
J’aimerais faire mon propre jardin un jour, ici en France ou bien en Afrique. »

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